Les fraisiers se plantent sans difficulté, mais ils réagissent vite à un mauvais substrat ou à une fertilisation mal dosée. Un sol qui retient trop l’eau fait pourrir les racines, et un excès d’engrais donne beaucoup de feuilles pour peu de fraises. Voici les mélanges, les doses et les dates qui donnent de bons résultats, que vous cultiviez en pleine terre, en pot, en bac ou en jardinière.
Quel terreau choisir pour planter des fraisiers ?
Le fraisier apprécie un substrat léger, riche en matière organique et très drainant, avec un pH du sol légèrement acide, entre 5,3 et 6,5. Il lui faut de l’air autour des racines, une humidité régulière mais jamais stagnante, et un sol qui se réchauffe vite au printemps. Une terre de jardin lourde et argileuse doit donc être allégée, tandis qu’un sol très sableux gagne à être enrichi en compost.
En pot ou en jardinière, un bon mélange tient en trois ingrédients : 60 à 70 % de terreau horticole de qualité (ou de terre végétale tamisée), 20 à 30 % de compost mûr, et 10 à 20 % de perlite, de pouzzolane fine ou de sable grossier pour le drainage. Évitez le compost frais, qui brûle les racines, ainsi que les terreaux très compacts qui restent détrempés après chaque arrosage. Un terreau spécial fraisiers ou plantes à fruits convient aussi, à condition de garder au fond du contenant une couche de billes d’argile ou de graviers.
En pleine terre, on ne remplace pas le sol, on l’améliore. Pour le détail étape par étape, consultez notre guide de plantation des fraisiers en pleine terre. Un mois avant la plantation, bêchez sur 20 à 25 cm de profondeur et incorporez 3 à 5 kg de compost mûr par mètre carré. Sur un sol argileux, ajoutez du sable grossier ou buttez la planche pour surélever les rangs et évacuer l’eau.
Quel engrais utiliser pour les fraisiers et quand l’apporter ?
Le fraisier demande surtout du potassium, qui améliore le goût, la couleur et la tenue des fraises. L’azote doit rester mesuré : trop présent, il favorise le feuillage et les stolons au détriment de la floraison et rend le plant plus sensible au botrytis. Visez donc un engrais organique équilibré avec un rapport NPK plus riche en potassium qu’en azote, comme les engrais pour tomates ou pour plantes à fruits, de type 5-5-10 ou proche.
Le tableau ci-dessous résume les apports selon le mode de culture. Les doses sont des repères à ajuster selon les indications du fabricant.
| Mode de culture | Substrat | Apport de départ | Apports d’entretien |
|---|---|---|---|
| Pleine terre | Terre de jardin amendée au compost | 3 à 5 kg de compost par m² un mois avant la plantation | 50 à 60 g d’engrais organique par m² à la reprise de végétation, puis à la floraison |
| Pot individuel | Terreau, compost et perlite | Une poignée de compost mûr mélangée au substrat | 1 cuillère à soupe d’engrais granulé tous les mois dès la floraison |
| Bac ou jardinière | Même mélange, drainage au fond | 20 à 30 % de compost dans le mélange | Engrais liquide à dose réduite tous les 10 à 15 jours en période de fructification |
Pour les fraisiers non remontants, qui fructifient une seule fois en juin, le calendrier est court : un apport au réveil de la végétation en mars, un second à l’apparition des boutons floraux, puis une fertilisation légère après la récolte pour préparer la saison suivante. Les fraisiers remontants, eux, produisent jusqu’à l’automne et consomment davantage : comptez un apport toutes les trois à quatre semaines de mai à septembre.
Fraises en pot : l’erreur classique de l’engrais en excès
Dans un volume réduit, les sels de l’engrais s’accumulent vite et brûlent les racines, ce qui se voit par des bords de feuilles brunis. Mieux vaut des apports légers et réguliers qu’une grosse dose unique, et un arrosage copieux de temps en temps pour rincer le substrat.
Quand et comment planter ses fraisiers

Deux périodes conviennent. La plantation de printemps, de mars à mai, donne des plants qui produisent dès l’été pour les remontants, et l’année suivante pour la plupart des autres. La plantation de fin d’été, d’août à septembre, laisse aux racines le temps de s’installer avant l’hiver, et elle donne souvent une première récolte plus généreuse au printemps suivant.
Avant de planter, trempez les racines dans l’eau pendant une heure. Creusez un trou assez large pour étaler les racines sans les replier, puis placez le plant de façon que le collet soit exactement au niveau du sol. Le cœur du plant, d’où partent les nouvelles feuilles, doit rester hors de terre : enterré, il pourrit, et trop haut, les racines se dessèchent. Tassez légèrement, puis arrosez abondamment pour plaquer la terre contre les racines.
Côté espacement, prévoyez 30 à 40 cm entre les plants sur le rang et 50 à 60 cm entre les rangs, afin que l’air circule et que les fruits sèchent après la pluie. En jardinière de 60 cm, installez trois à quatre plants, et un ou deux par pot d’environ 20 cm de diamètre.
Où planter les fraisiers et comment les entretenir au quotidien ?
Choisissez un emplacement bien ensoleillé, avec au moins six heures de soleil par jour, à l’abri des vents froids. À l’ombre, les fraises restent acides et la floraison faiblit. En pot, placez le contenant à bonne exposition et surélevez-le légèrement pour que l’eau s’écoule librement.
L’arrosage doit rester régulier et modéré, au pied, sans mouiller les feuilles ni les fruits. Un sol qui sèche trop vite fait avorter les fleurs, mais un sol constamment gorgé favorise les maladies du collet. En pot, vérifiez l’humidité à deux centimètres de profondeur avant d’arroser, car l’été les contenants se dessèchent en un jour ou deux.
Le paillage (paille, chanvre ou feuilles sèches) garde la fraîcheur, limite les mauvaises herbes et évite que les fruits touchent la terre humide. Posez-le dès que les fleurs apparaissent, en suivant les conseils pour une toile de paillage après plantation. Pensez aussi à supprimer les feuilles abîmées et, si vous voulez des fruits plus gros, à couper une partie des stolons, ces tiges rampantes qui épuisent le pied mère.
Récolte et entretien après la fructification

Récoltez les fraises quand elles sont entièrement rouges, de préférence le matin et par temps sec, en gardant le pédoncule. Les fraisiers non remontants donnent leurs fruits sur quelques semaines en juin, alors que les remontants continuent par vagues jusqu’aux premières gelées.
Une fois la récolte terminée, coupez les vieilles feuilles abîmées à quelques centimètres du cœur, retirez la paille souillée et apportez un peu de compost ou d’engrais organique léger. Cette remise en forme aide le plant à constituer des réserves pour l’année suivante. Un fraisier produit bien pendant trois ans environ : au-delà, la production baisse, et il vaut mieux le renouveler en repiquant des stolons sains dans un sol frais, sans replanter au même endroit pour éviter la fatigue du sol.
Surveillez enfin les signes de maladie : un feutrage gris sur les fruits indique le botrytis, et des taches blanches sur les feuilles révèlent l’oïdium. Un bon drainage, un espacement correct et une fertilisation sans excès d’azote préviennent l’essentiel de ces problèmes. Côté ravageurs, les limaces et les oiseaux sont les plus fréquents, et un filet ou un paillage sec les tient à distance.





