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Comment poser une toile de paillage après plantation, sans abîmer les plants

Jardinier accroupi fixe toile noire au sol autour arbuste

Les plants sont en terre et les mauvaises herbes commencent déjà à pointer ? Bonne nouvelle : poser une toile de paillage après la plantation est tout à fait possible. La méthode diffère un peu de la pose classique, car il faut passer la toile autour de chaque plant sans le blesser. Voici comment procéder, de la préparation du sol jusqu’à la finition.

En 4 gestes, la méthode après plantation

Désherbez et nivelez le sol, déroulez la toile en la fendant jusqu’à chaque plant, fixez-la avec des agrafes sans la tendre, puis recouvrez-la de paillis ou de copeaux de bois. Gardez toujours quelques centimètres de jeu autour du collet.

Préparer le sol autour des plants déjà en place

Le désherbage est l’étape qu’on est tenté de bâcler, et c’est la plus déterminante (la même rigueur vaut pour un beau gazon sans mauvaises herbes). Arrachez à la main les mauvaises herbes, racines comprises, et soyez particulièrement rigoureux avec le liseron et le chiendent : ces vivaces perceront la toile en quelques semaines si un fragment de rhizome subsiste. Retirez aussi les pierres et les débris qui pourraient trouer la bâche de paillage.

Griffez ensuite les premiers centimètres de terre, avec précaution près des racines, puis nivelez à la main ou au râteau. Une surface lisse évite les poches d’air et les plis où l’eau stagne. Arrosez le sol si besoin avant la pose : il doit être frais, ni détrempé ni poussiéreux, car la toile limitera ensuite les apports d’eau de pluie.

Si vous prévoyez un arrosage goutte-à-goutte, installez-le maintenant, à plat sur le sol et à proximité des plants. Il sera invisible sous la toile et distribuera l’eau directement au pied, sans qu’une goutte soit perdue.

Dérouler et fixer la toile sans la tendre à l’excès

Choisir et positionner la toile

Pour un massif ou une haie, la toile tissée résiste bien aux UV et dure plusieurs années. La toile non tissée, plus fine, se découpe aisément mais doit absolument être recouverte. La toile biodégradable (jute, fibres végétales) convient aux plantations temporaires ou au potager, car elle se décompose seule en une à deux saisons.

Déroulez la toile dans le sens de la longueur de la zone, à côté de la rangée ou du massif. Prévoyez 10 à 20 cm de marge sur les bords pour pouvoir l’enterrer ou la recouvrir. Si plusieurs lés sont nécessaires, respectez un chevauchement de 10 à 20 cm, et davantage en zone très ventée. Le sens de pose compte aussi : le lé amont doit recouvrir le lé aval, pour que l’eau ruisselle par-dessus sans s’infiltrer dessous.

Fixer sans étrangler

Plantez des agrafes ou des piquets en U tous les 50 cm à 1 m en bordure, et à chaque jonction entre deux lés. Évitez de tendre la toile comme un drap : la tension doit rester légère, car les variations de température la font se dilater et se rétracter. Une toile trop tirée se soulève au premier coup de vent ou se déchire autour des agrafes.

Découper la toile pour dégager chaque plant

Mains posant un tissu noir autour de jeunes pousses

C’est l’étape propre à la pose après plantation. Deux techniques fonctionnent selon la taille des plants.

Pour un plant jeune et souple (vivace, petit arbuste, légume), faites une découpe en croix à l’endroit exact du pied. Repérez l’emplacement en posant la toile sur le plant, marquez-le du doigt, puis incisez deux traits perpendiculaires de 10 à 15 cm. Passez ensuite le plant à travers l’ouverture en rabattant doucement les quatre pans vers le bas, autour de la tige.

Pour un plant déjà gros ou fragile, mieux vaut fendre la toile en ligne droite depuis le bord jusqu’au pied, puis y découper une ouverture ronde. Glissez la toile autour du tronc ou de la motte, refermez la fente et superposez les deux bords de quelques centimètres. Vous évitez ainsi de plier les branches ou de casser les jeunes pousses.

Le bon diamètre d’ouverture

Prévoyez un trou de 2 à 3 cm plus large que la motte ou le collet, jamais au ras de la tige. Trop serré, il étrangle le plant en grossissant ; trop large, il laisse passer les mauvaises herbes. Arrondissez les angles de la croix pour éviter que la toile ne se déchire.

Attention à ne jamais couper à l’aveugle : soulevez la toile et vérifiez où se trouvent les racines superficielles avant d’inciser. Des ciseaux de jardin, plus précis qu’un cutter, limitent le risque de blesser le collet.

Pour l’arrosage, deux options. Soit vous laissez une petite cuvette de quelques centimètres autour du plant, soit vous comptez sur le goutte-à-goutte posé sous la toile. L’eau arrose ainsi la motte sans ruisseler à côté, ce qui compte surtout les premiers mois après la plantation.

Finir la pose : recouvrir, arroser et entretenir

Une fois la toile ancrée, recouvrez-la de 4 à 5 cm de paillis : copeaux de bois, écorces, broyat ou graviers selon le style du massif. Cette couche protège la toile des UV, qui la fragilisent surtout dans le cas d’une toile non tissée, et masque l’aspect plastique. Elle empêche aussi les graines apportées par le vent de germer à la surface.

Repoussez le paillis à quelques centimètres de la tige ou du tronc : un contact permanent entretient l’humidité et favorise les pourritures du collet. Terminez par un bon arrosage de l’ensemble pour tasser les matériaux et vérifier que l’eau passe bien au pied des plants.

Côté entretien, il suffit de retirer de temps en temps les graines et les feuilles qui s’accumulent, et de contrôler les agrafes après les tempêtes (pour un massif pensé dès le départ, voir idées d’aménagement de parterre devant maison). Au bout de plusieurs années, le retrait de la toile devient nécessaire quand elle s’effiloche ou que les racines commencent à s’y accrocher. Retirez-la alors plutôt que de la laisser se fragmenter dans le sol, sauf si elle est biodégradable.

Erreurs à éviter, talus et arbres

Toile noire tendue au sol recouverte de paillis

La première erreur est de poser la toile sur un sol mal désherbé : les vivaces la soulèvent et la traversent. La deuxième est de la tendre trop fort, la troisième de réduire le chevauchement, ce qui laisse passer la lumière et donc les adventices. Beaucoup oublient enfin de recouvrir la toile : sans paillis, elle vieillit vite et surchauffe en plein été.

Sur un talus, la pente exige des précautions particulières. Posez les lés de bas en haut, comme des tuiles, ancrez le haut dans une petite tranchée comblée de terre et resserrez les piquets à un espacement de 30 à 40 cm. Le paillis, plus lourd sur la pente, aide à maintenir l’ensemble en place.

Pour un arbre ou un arbuste déjà installé, prévoyez une ouverture plus large, de 10 cm autour du tronc, et agrandissez-la au fil des saisons à mesure que le tronc grossit. Dans tous les cas, un plant qui continue de pousser vigoureusement est le meilleur signe que la toile a été bien posée.

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Article publié par la rédaction de Rangement.

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1 Commentaire

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