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Que peut on arroser avec du purin d’ortie, et à quelle dilution ?

Main tenant un arrosoir vert au pied de tomates

Le purin d’ortie s’utilise sur la plupart des plantes en pleine croissance, mais pas toutes et pas n’importe comment. C’est avant tout un engrais naturel riche en azote, qui donne un coup de fouet aux cultures gourmandes en feuilles. Voici sur quoi il fonctionne, à quelle dose et dans quels cas il vaut mieux s’abstenir.

Dilution du purin d’ortie : arrosage ou pulvérisation

La dilution dépend de la façon dont vous appliquez le produit. Un purin utilisé pur ou trop concentré peut provoquer une brûlure des feuilles et abîmer les racines fines. Le tableau ci-dessous résume les doses courantes pour un purin de fermentation classique.

Usage Dilution Pour 10 litres d’eau Fréquence
Arrosage au pied (plantes installées) environ 10 % 1 litre de purin toutes les 2 à 3 semaines
Arrosage de jeunes plants 5 % environ 0,5 litre de purin toutes les 3 semaines
Pulvérisation foliaire environ 5 % 0,5 litre de purin toutes les 2 à 3 semaines

Sur quelles plantes peut-on utiliser le purin d’ortie ?

L’arrosage au pied convient surtout aux plantes qui produisent beaucoup de feuilles ou de tiges et qui ont besoin d’azote pour se développer. Au potager comme au jardin d’ornement, voici les cultures qui en profitent le mieux :

  • les choux, brocolis, salades, épinards et poireaux, qui réagissent très bien à l’apport d’azote ;
  • les courges, courgettes, concombres et melons, gros consommateurs pendant la croissance ;
  • les tomates, poivrons et aubergines, avec modération ;
  • les pommes de terre, en apport ponctuel avant la floraison ;
  • les rosiers, les arbustes à fleurs et la plupart des plantes d’ornement ;
  • les jeunes arbres fruitiers et les petits fruits, pendant la phase de croissance.

Les légumes-feuilles sont ceux qui répondent le plus visiblement. Pour les légumes-fruits, l’ortie aide surtout la première partie de la saison, quand la plante fabrique son feuillage.

Arrosage au pied ou pulvérisation foliaire : que choisir ?

Arrosoir vert versant un liquide sur terre humide

L’arrosage au pied reste le mode d’emploi le plus courant. Vous versez la dilution à 10 % sur le sol autour de la plante, de préférence sur une terre déjà humide, tôt le matin ou en fin de journée. Évitez les heures chaudes et le plein soleil, car la solution se concentre en séchant.

La pulvérisation foliaire se fait à une dose plus faible, autour de 5 %, avec un pulvérisateur dont vous aurez filtré le purin pour ne pas boucher la buse. Elle sert de stimulant et de complément nutritif, notamment sur les rosiers, les tomates et les arbres fruitiers. Traitez par temps couvert et sans vent, jamais au soleil, pour limiter le risque de brûlure.

Purin pur : l’erreur qui grille les racines

Un purin d’ortie non dilué est trop concentré en azote et en ammoniac. Même un purin « un peu fort » peut brûler les jeunes racines et marquer les feuilles. En cas de doute, partez sur la dose la plus faible et testez sur une seule plante pendant quelques jours.

Fréquence d’application et précautions à prendre

Pour la fréquence, comptez un apport toutes les deux à trois semaines pendant la période de croissance, du printemps jusqu’au début de l’été. Au-delà, vous risquez de favoriser un feuillage trop tendre, plus attractif pour les pucerons et plus fragile face à certaines maladies, et si des colonies s’installent, un remède de grand-mère contre les pucerons peut vous aider. Ne pas abuser est la règle numéro un, d’autant que le purin n’est qu’un engrais d’appoint, pas un substitut au compost.

Un purin bien fermenté, qui ne mousse plus, dégage une odeur forte mais reste utilisable. Pour la conservation, gardez-le dans un récipient fermé (mais pas hermétique, pour laisser s’échapper les gaz), à l’abri de la lumière et de la chaleur. Diluez-le toujours au moment de l’emploi, jamais à l’avance, car la solution diluée se dégrade vite.

Plantes à éviter et cas particuliers

Le purin d’ortie n’est pas adapté à toutes les cultures. Les légumineuses (pois, haricots, fèves) fabriquent déjà leur azote grâce à leurs bactéries et ne tirent aucun bénéfice d’un apport supplémentaire. Les ails, oignons et échalotes supportent mal un excès d’azote, qui nuit à la conservation des bulbes.

Évitez aussi d’arroser les plantes aromatiques méditerranéennes (thym, lavande, romarin), qui préfèrent les sols pauvres, ainsi que les plantes en fin de cycle ou les cultures proches de la récolte. Les semis et les plants fraîchement repiqués demandent une dilution plus faible, voire quelques jours d’attente avant le premier apport. Enfin, ne traitez jamais une plante stressée par la sécheresse ou le gel sans l’avoir d’abord arrosée à l’eau claire.

Idée reçue : l’ortie ne soigne pas le mildiou

On lit souvent que le purin protège des maladies et des insectes. En pratique, son effet est surtout nutritif : il apporte de l’azote et stimule la plante. Son action contre le mildiou ou les pucerons n’est pas démontrée, et une plante trop nourrie peut même devenir plus vulnérable.

Purin d’ortie ou purin de consoude : quel choix ?

Deux bidons verts remplis de liquide brun

Les deux purins se complètent plutôt qu’ils ne se concurrencent. Le purin d’ortie, riche en azote, convient aux cultures qui fabriquent du feuillage et aux débuts de saison. Le purin de consoude, plus riche en potassium, soutient la floraison et la fructification, ce qui en fait un meilleur choix pour les tomates, les poivrons et les arbres fruitiers une fois les fleurs installées.

Un bon calendrier consiste à utiliser l’ortie au printemps pour lancer la végétation, puis à passer à la consoude quand les premiers fruits se forment. Les doses de dilution sont similaires, autour de 10 % pour l’arrosage, ce qui facilite l’alternance entre les deux au fil de la saison.

En résumé pour votre potager

Au printemps, arrosez à 10 % vos choux, salades, courgettes, rosiers et jeunes arbustes, avec une pause de deux à trois semaines entre chaque passage. Gardez la pulvérisation foliaire à 5 % pour les plantes qui en ont besoin, évitez les légumineuses et les alliacées, et relayez avec du purin de consoude dès la floraison. Une fois ces repères en main, le purin d’ortie reste un excellent engrais naturel, à condition de le doser avec mesure.

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Article publié par la rédaction de Rangement.

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